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Loin d'imaginer il y a encore quelque temps, qu'un un jeune homme de 24ans, bouille d'ange, grandes lunettes et cheveux légèrement roux, aurait dupé celle qui se nomme aujourd'hui, la première puissance mondiale. Rangé dans les ordres militaires américains en tant qu'analyste du renseignement en Irak, Bradley Manning aurait fourni au site internet Wikileaks des milliers de documents confidentiels américains. Le site de Julian Assange les aurait ensuite publiés, ainsi que des milliers de câbles diplomatiques du département d'Etat. Son cas devient suspect lorsque celui-ci se vente de ses « exploits » auprès d'un ancien hacker, Adrian Lamo, lequel a ensuite prévenu les autorités. Le contact du créateur de Wikileaks a ensuite été retrouvé suite à la perquisition de l'ordinateur du futur détenu. Les avocats de Bradley Manning ont décrétés que le jeune soldat était dans un état émotionnel fragil, dû en parti à son homosexualité peu compatible avec les forces armées US.
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Bradley Manning fait parti de ces personnages très spéciaux. Est-il devenu un véritable traitre envers son pays ou bien un héros au sang froid qui a assumé de tourner le dos à l'hypocrisie du gouvernement Américain? Tout dépend du statut que l'on a. Une chose est sure, ce militaire fait polémique et l'histoire est loin d'être terminé.
Alors comment punir lorsque celui-ci n'a pas tué ou agressé, mais simplement divulgué une vérité honteuse qui a raisonnée dans toute la planète? De nombreux dossiers ont documenté les crimes de guerre américains en Irak et en Afghanistan. L’une des publications les plus explosives fut une vidéo sous le titre « Meurtres collatéraux ». Elle montre un hélicoptère de combat fauchant à la mitrailleuse des civils irakiens, dont des enfants et deux journalistes de l’agence Reuters, dans un quartier de Bagdad. Dans ce domaine de couverture médiatique hautement censuré des opérations militaires américaines, l’exposition du public américain a eu un impact significatif et intensifié sur l’opposition populaire à l’occupation de l’Irak.
Lorène QUATREVAUX
Pour s'être payer la tête du gouvernement américain et trahit son peuple, la conséquence risque d'être rude. Les procureurs ont décidés de ne pas requérir à la peine capitale mais Bradley Manning risque cependant la prison à vie. Vingt-deux chefs d'accusations ont été retenus contre celui-ci. Parmi eux: vol, fraude, et "assistance indirecte à l'ennemi", a annoncé le pentagone. C'est ainsi que commence une véritable guerre des clans. Certains exigent l'exécutions quand d'autre le traite en véritable héros.
Pour une partie de l'opinion américaine, Bradley Manning est un traître, qui doit être jugé le plus sévèrement possible. L'ancienne candidate à la présidentielle Sarah Palin déclare sur sa page du réseau social Facebook que cet "anti-américain" dont les mains sont "tachées de sang" doit être traité avec la même urgence que le sont Al Qaeda ou les dirigeants talibans. Cette femme n'est pas un cas isolés, plusieurs personnes, gouvernement et peuple confondu, veulent infliger à Bradley Manning la peine capitale.
Mais il y a tout de même les irréductibles. Ceux qui ont nettement pris le parti du « faible », si l'on peut vraiment l'appeler comme ça. Associations, manifestations de soutien, page Facebook en nombre, tout ce met en place pour montrer que la résistance est de mise. Voir son support network. Sur la Toile, les partisans de Bradley Manning sont nombreux. L'Américain a un site de soutien, bradleymanning.org, qui tente de collecter des fonds pour assurer sa défense. Noam Chomsky, l'une des voix de la gauche américaine, écrit: "C'est un privilège de participer à la campagne pour soutenir Bradley Manning, qui a fait preuve de courage et d'intégrité envers son pays, en contribuant à rendre le gouvernement responsable devant ses citoyens et en informant son peuple de ce qu'il devait savoir". Dans ce même engouement, Le Fresh Juice party, qui avait déjà piégé Barak Obama dans un repas en chantant une chanson de soutien pour le soldat emprisonné, propose 100 dollars à qui ira chanter devant le Congrès ou la Maison Blanche la chanson de Bradley avec un masque ou un T-shirt à l'effigie du « fauteur de trouble ».
Quand on a osé trahir la confidentialité de la bavure américaine, il faut payer. Depuis un an et demi, l'homme d'une vérité qui fâche est en prison. Bradley Manning a porté plainte contre ses conditions de détention. Il a notamment été soumis à un régime de détention à l’isolement total, a une nudité forcée, à la privation de sommeil, selon plusieurs sites internet. David Coombs, l'avocat du détenu, demande pour son client des conditions de détention moins draconiennes, notamment qu'il soit retiré de sa cellule à l'isolement, où il est surveillé en permanence, pour l'empêcher de se suicider ou de se blesser. Dans la plainte, il explique que plusieurs experts psychiatres ont recommandé qu'il ne soit plus détenu dans des conditions de sécurité maximale.
Lorène QUATREVAUX

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