20/10
74% des Marseillais se disent contre l’arrêté anti-mendicité mis en application lundi 10 octobre et visant à éradiquer toute forme d’aumône dans le centre-ville, d’après le site de la mairie de Marseille. A l’inverse, certain pensent que cet arrêté est nécessaire.
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| Des manifestants devant la mairie de Marseille ©hebdonews |
Si à Madeleine, il s’agit seulement d’une interdiction de fouiller dans les poubelles, à Marseille, le maire, Jean-Claude Gaudin, est allé jusqu’à interdire de se livrer à « toutes formes de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes ». Impossible donc désormais, pour ces sans abris, de faire appel à l’humanité présente dans chacun de nous, et qui parfois, sauve la vie de certains d’entre eux.
Responsable de l’association « Mission Sans Abris » à Marseille, cet ancien sdf, scandalisé par cet arrêté, met en garde contre un possible problème de santé publique résultant du déplacement des sans-abris du centre en périphérie. Il ne s’agit guère, d’après lui, de résoudre le problème de mendiants trop insistants, mais bien, de « nettoyer le centre-ville ». Les comportements condamnés par cet arrêté ne seraient qu’une justification pour faire « reculer la pauvreté en périphérie ».
Réel problème, fausse solution, enjeu économique ou touristique, les débats et les objections fusent face à cet arrêté qui scandalise la plupart des français, mais qui en ravi d’autres. Les restaurants le« Collins » et « Le Carnaud », sur le vieux port de Marseille, entrent dans le périmètre visé par l’arrêté anti-mendicité, qui s’étend sur la quasi-totalité du centre-ville de Marseille (Cannebière, Vieux Port, Saint-Charles, stade Vélodrome). Accoudé à son bar, le patron du « Collins » nous explique ô combien cet arrêté est « indispensable». Il serait victime, tout comme son voisin « Le Carnaud », de ces mendiants un peu trop insistants, et aurait même perdu beaucoup de clients à cause d’eux. « Il y en a énormément » affirme-t-il, « ils viennent demander de l’argent aux clients attablés et leur piquent leur téléphone ou un portefeuille. Ou alors ils s’assoient à une table et par derrière mettent les mains dans les sacs des voisins pour les voler ». Un petit enfant, qui s’accroche à la jambe du patron en rajoute : « et aussi, il y a des noirs qui viennent et qui vendent des montres », « non », lui explique le patron du bar « ça, ce sont des vendeurs à la sauvette » ; fort heureusement pour l’enfant, le patron sait encore faire la différence entre vendeurs et mendiants, mais, peut être finalement pas entre mendiants et pique pockets…
Lauryne Linsola

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